En Bretagne, « nos entrepreneurs sont attachés à leur territoire »

Article publié dans « La Tribune »

Interview de Loïg Chesnais-Girard, vice-président de la Région chargé de l’économie et de l’innovation

 

LA TRIBUNE – Peut-on parler d’un modèle d’ETI breton ?

LOÏC CHESNAIS-GIRARD – Il n’y a pas de modèle breton, mais la structure économique du territoire s’appuie sur une épine dorsale d’ETI au périmètre familial, et une volonté de garder les centres de décision en Bretagne. Il y a aujourd’hui une génération de dirigeants – Gilles Falc’hun chez Sill, Christian Roulleau chez Samsic, Louis Le Duff… – qui développent leur activité dans le monde entier tout en restant très attachés à leur territoire.
L’association Produit en Bretagne, qui fédère PME et grands groupes, est une parfaite illustration de cette volonté de donner à la région la capacité de se développer, d’innover et de créer de l’emploi. Les ETI et PME installées en Bretagne bénéficient par ailleurs d’un écosystème structuré et du bon niveau de qualification des salariés.
Pour relever les défis économiques, une relation de confiance s’est instaurée entre les entreprises et les institutions régionales.

LT – Quels sont les enjeux spécifiques du territoire ? Ses atouts ?

Lire l'article

Non, la Bretagne n’est pas l’Ecosse, et voilà pourquoi

Article publié sur le site Ar Ch’annad

D’une semaine à l’autre l’actualité peut parfois offrir un saisissant contraste. Alors que l’Ecosse menait à son terme, jeudi, un processus démocratique visant à donner à son peuple la possibilité de faire son choix quant à son avenir, la Bretagne se prépare, de son côté, à vivre une nouvelle manifestation afin de réclamer sa réunification, alors que le projet de loi sur la Réforme Territoriale, avec la nouvelle carte des régions, doit être de nouveau examiné au Sénat.

La première différence, celle qui saute le plus aux yeux, en particulier des partisans de la réunification, se situe dans la manière dont les deux processus ont été menés. Car, quoi qu’il arrive à la carte des régions de France, l’image qui restera est celle de tractations jusqu’à la dernière minute, entre caciques du Parti Socialiste, afin de déterminer le tracé qui sera finalisé «sur un coin de table» à l’Elysée, tout juste quelques minutes avant le bouclage de la presse quotidienne régionale.
Certes, la carte a par la suite évolué. Mais là encore, cela s’est fait suite à de nouvelles tractations entre élus, principalement socialistes, afin de défendre le pré carré des uns et des autres, c’est tout du moins l’impression d’un certain nombre de citoyens. A ce petit jeu, il n’y a rien d’étonnant à ce que la seule région actuellement dirigée par la droite, l’Alsace, n’ait pas été entendue alors qu’elle souhaitait éviter d’être englobée dans un ensemble trop grand.
D’une manière générale, la carte s’est avant tout dessinée de manière à préserver les intérêts des uns et des autres.

Lire l'article

Daniel Cueff : La Bretagne, un horizon démocratique pour notre République

livre Daniel Cueff

livre Daniel CueffEn s’appuyant sur le vécu des Bretonnes et des Bretons, Daniel Cueff démontre que la Bretagne  peut être un horizon démocratique pour la République à condition que celle-ci lui fasse confiance en lui accordant un cadre différencié pour qu’elle mette en place une institution-oxygène, l’Assemblée de Bretagne à cinq départements.

Mais la réforme territoriale, pierre angulaire de la présidence Hollande, erre comme une âme en peine, sans boussole démocratique. Ce qui promettait d’être un des grands débats de la mandature a succombé aux conservatismes des élites étatistes peu disposés à partager le pouvoir dont elles tirent les fils depuis Paris, en vase clos, à cent lieux des préoccupations de la société civile qu’elles ne cessent finalement de snober. De fait, doublée d’une grille d’analyse purement économiste, à l’instar du processus de métropolisation, la réforme territoriale résume les territoires et leurs habitants à l’organisation de la compétition entre eux. L’auteur démontre ainsi qu’elle finit par tourner le dos au principe républicain d’égalité en s’inscrivant dans ce qu’elle présente comme le moteur inéluctable : la compétition. Ici, comme dans d’autres domaines, l’absence de sens démocratique caractérise donc la réforme et alimente le foyer des colères et des extrêmes. Bien conscient des dangers à l’œuvre, Daniel Cueff s’aventure pas à pas dans une réflexion non définitive, libre et ouverte dans le but de donner du sens à un ensemble de revendications régionalistes. A partir de références intellectuelles et pratiques, glanées et débattues au fil du temps et de ses mandats d’élu, Daniel Cueff montre que l’Assemblée de Bretagne à cinq départements renoue avec la société démocratique bretonne. Il faut par conséquent que celle-ci s’en empare. Plus qu’institutionnel, cet essai est avant tout profondément politique, il en appelle à un régionalisme décomplexé sur la base d’une nouvelle modernité construite à partir de la Bretagne avec les Bretonnes et les Bretons. A lire absolument.

Le Temps Editeur – 128 p. – 13 €

Daniel CueffDaniel Cueff, co-fondateur du réseau BRUDED (Bretagne rurale urbaine et développement durable) est conseiller régional chargé de l’écologie urbaine et du foncier. Il est aussi Président de l’Etablissement Public Foncier de Bretagne.

 

Lire l'article

Le Pays de Vitré – Porte de Bretagne : un modèle économique à part (1)

Le Pays de Vitré – Porte de Bretagne illustre la capacité des territoires bretons à prendre leur destin en main. Situé aux portes de l’agglomération rennaise, le territoire n’en est pas pour autant une « annexe résidentielle ».

C’est même tout le contraire. L’ampleur des déplacements domicile-travail vers Rennes est limitée et l’évasion commerciale vers la capitale régionale est faible. Le Pays de Vitré a su créer son propre modèle économique, porté par une sphère productive forte qui souligne sa capacité à vendre des produits hors de ses limites territoriales. Son développement explique en grande partie la vigueur de sa croissance démographique (16 500 habitants de plus en 12 ans), qui favorise à son tour l’économie de proximité, comme le commerce ou la construction.

L’industrie, les services, le commerce

Principal moteur de la sphère productive, l’industrie est articulée autour de l’agroalimentaire, l’électronique et la caoutchouc/plastique. Dans un contexte départemental de désindustrialisation, elle fait preuve d’une véritable résilience puisqu’en 12 ans, la masse salariale versée par le secteur est en hausse de 24 % contre une baisse moyenne de 5 % au niveau départemental.
Les activités de services ont un poids plus faible dans l’économie productive du territoire mais leur développement ces dernières années met en évidence une mutation de son appareil productif. Le développement des centres d’appels illustre cette diversification du tissu économique.
Le commerce de détail s’est, quant à lui, fortement développé au cours des dernières années, stimulé à la fois par la forte croissance démographique du territoire et la réduction de l’évasion commerciale, vers Rennes notamment.

Le modèle économique du Pays de Vitré Porte de Bretagne

Le dynamisme économique du Pays de Vitré – Porte de Bretagne s’appuie sur plusieurs paramètres :

- Sa position géographique à l’Est de la Bretagne, très intéressante d’un point de vue logistique, notamment
- La présence de Vitré, ville-centre suffisamment attractive, pour limiter les phénomènes d’évasion professionnelle vers Rennes
- Sa proximité avec la métropole rennaise (formation recherche, services aux entreprises, centre administratif, …)
- La présence d’infrastructures de transports (RN 157, ligne ferroviaire)
- Une tradition entrepreneuriale forte du territoire
- La qualité du bassin d’emploi
- La présence d’une agriculture forte et moderne
- La qualité de vie du territoire
- La forte volonté des élus du territoire de développer l’économie en s’appuyant sur les atouts « naturels » du Pays (prospection d’entreprises, création de zone d’activité, d’ateliers relais).

C’est aussi la capacité et la volonté des acteurs du territoire à échanger qui explique cette réussite économique. La création, à Vitré, de la Maison de l’Emploi, des Entreprises et de la Formation à Vitré illustre cette volonté. Trait d’union entre le monde de l’entreprise, de la formation et des demandeurs d’emploi, la MEEF constitue une plateforme où se rencontrent ces deux publics. Parmi ses actions, la mise en place de formations répondant à des besoins identifiés des entreprises du Pays permet aux stagiaires de trouver plus sûrement un emploi tout en allégeant les difficultés à recruter sur certains postes. Structure originale, la MEEF participe également à la bonne adéquation qualitative de l’offre et de la demande de travail sur le territoire.
Comme l’avait déjà évoqué en partie Gérard-François Dumont, cette étude et exemple du Pays de Vitré démontre que des dynamiques territoriales très fortes -loin d’être exclusivement métropolitaines- peuvent émerger dans des territoires ruraux ou animés par des villes moyennes.

L Jézéquélou w

Loïc Jézéquélou

Loïc Jézéquélou
Responsable de l’Observatoire économique à la CCI de Rennes

(1) Cet article s’appuie sur le « Diagnostic économique du Pays de Vitré Porte de Bretagne » publié par la CCI Rennes en juin 2014. Il est disponible sur demande auprès de l’observatoire économique de la CCI Rennes.

Lire l'article

Table ronde sur la réforme territoriale lundi 29 septembre à Rennes

Dans le cadre des rencontres avec ses adhérents et sympathisants, Bretagne Prospective organise une table ronde sur un thème d’actualité le lundi 29 septembre de 18h à 20h à Rennes :

La réforme territoriale, quels enjeux ?

- Quelle légitimité constitutionnelle ?
- Quelles compétences pour les régions ?
- Quelles conséquences sur l’économie, le tourisme… ?

La soirée sera animée par :
- Thomas Frinault, Maître de Conférences en Science Politique à l’université Rennes 2, co-responsable du master Management public territorial, chercheur au Centre de Recherches sur l’Action Politique en Europe, auteur de l’ouvrage « Le pouvoir territorialisé en France » (PUR)
- Daniel Cueff, maire de Langouët, conseiller régional de Bretagne, président de l’Etablissement Public Foncier de Bretagne, auteur de « la Bretagne, un horizon démocratique pour notre République » (Le Temps éditeur)
- Raphael Schmidt, ancien conseiller de Marylise Lebranchu, chargé du financement bancaire des collectivités territoriales.
Lundi 29 septembre de 18h à 20h
Dans les salons de Lecoq-Gadby
156 rue d’Antrain – 35700 Rennes

Entrée gratuite.
Merci de faire part de votre présence à contact@bretagne-prospective.org

 

Lire l'article

A Brest, les incubateurs font éclore les idées des étudiants

Article publié dans Ouest-France le 8 septembre 2014

La rentrée dans les grandes écoles. À Brest, France business school et Télécom Bretagne ont créé une structure permettant de transformer un projet en start-up viable. Certaines ont aujourd’hui un joli succès.

Les incubateurs ne servent pas qu’à couver artificiellement des oeufs. Ils peuvent aussi faire éclore de jeunes entreprises !

À Brest, deux grandes écoles l’ont bien compris. En huit ans, l’incubateur Produit en Bretagne-France business school (FBS) a permis à 34 boîtes d’être lancées, avec « un peu plus d’une centaine d’emplois créés », relève David Merieau, responsable.

Lire l'article

Les algues, culture de l’avenir dans l’Ouest

Article publié dans Ouest-France du 3 septembre 2014

L’économie bleue est le thème d’un colloque, à Nantes, en septembre. Cinq cents participants de 25 nationalités y sont attendus.

« La mer est le plus grand champ de la planète. » Hervé Balusson, le président de la société bretonne Olmix, considère les algues comme la ressource de l’avenir pour se nourrir et se soigner. De ce point de vue, de Brest à la côte vendéenne, l’algue est un nouvel eldorado qui recèle « 700 espèces sur les quelque 10 000 recensées dans le monde ».
Forte d’une exploitation historique de l’algue, la Bretagne a aujourd’hui une longueur d’avance. Mais dans cette nouvelle quête de l’or sous-marin, des sociétés américaines lui font déjà une rude concurrence.

Lire l'article

Le .bzh arrive ! Calendrier et modalités

point bzh

 

Après 10 années passées à porter le projet d’extension bretonne .bzh, nous touchons enfin au but : l’ICANN, organisme de gestion de l’internet mondial, vient en effet d’approuver le calendrier de déploiement du .bzh. Les premières phases de commercialisation des noms de domaine en .bzh pourront ainsi débuter dans quelques semaines ! Il vous sera alors possible d’enregistrer facilement des adresses pour votre site du type www.mon-entreprise.bzh ou www.mon-association.bzh puis des adresses personnalisées comme www.mon-nom.bzh ou prenom@nom.bzh pour votre email.

Une page nouvelle pour l’internet breton est désormais ouverte et marquée par l’arrivée des deux premiers sites en .bzh qui renvoient vers les sites de l’association www.bzh, registre gestionnaire de l’extension www.pik.bzh (« pik » signifie « point » en breton) et celui de la Région Bretagne, soutien historique du projet, www.region.bzh . Nous attendons avec impatience d’écrire la suite avec vous et vous donnons rendez-vous début septembre pour les premières phases d’enregistrement !

Calendrier de déploiement du .bzh

Dès le 4 septembre, les détenteurs de marques et de noms commerciaux pourront réserver leurs noms de domaine. Cette phase prioritaire durera 60 jours.

La deuxième phase de commercialisation débutera le 3 novembre et sera réservée aux collectivités territoriales ainsi qu’aux associations.

Sur cette même période, il sera notamment possible d’acheter des noms de domaines utilisant des termes génériques (ex : camping.bzh, vetements.bzh, sardines.bzh, …).

L’ouverture générale se fera le 4 décembre. A partir de cette date, l’ensemble des Bretons, Bretonnes et amoureux-ses de la Bretagne pourront acheter leur nom de domaine sur le principe du premier arrivé, premier servi.

Comment acheter un .bzh ?

Lire l'article

Incertitudes et enjeux du marché de l’emploi en Bretagne

jean ollivro portrait

Les difficultés économiques connues par la Bretagne depuis 2008 ont donné l’impression d’un effondrement de l’emploi agroalimentaire et certains analystes ont évoqué « la fin du modèle breton ».

La réalité scientifique est bien plus complexe et l’on dispose d’une excellente étude réalisée par les agences d’urbanisme bretonnes en mars 2013 et disponible en ligne[1]. Certes, l’analyse ne concerne que la période courant de juin 2008 à juin 2012 et l’on sait que de nouvelles difficultés ou fermetures ont depuis lors frappé le tissu économique breton (Gad, Doux, Tilly-Sabco etc.). L’analyse peut être ainsi à revisiter fort vite au regard de la rapidité des évolutions parfois marquées par des faillites entrepreneuriales soudaines. Toutefois, ce bilan somme toute récent est très précieux pour prendre du recul sur la situation bretonne et surtout tenter une approche prospective du marché de l’emploi. Suite à une étude que l’on avait réalisée en 2009 sur l’évolution de 82 secteurs d’activité en Bretagne entre 1995 et 2008[2], cette analyse tombe à point nommé pour approfondir quelques tendances lourdes, remettre en cause quelques idées reçues et opérer quelques réflexions prospectives sur les emplois bretons de demain.

Lire l'article

Tourisme : les comités départementaux du tourisme créent un portail Open Data régional

Publié sur le site de  « Bretagne Economique »

Les quatre comités départementaux du tourisme bretons ont décidé de mettre en place un portail Open Data régional ainsi que quatre portails Open Data départementaux. Les données proposées portent sur les événements, les hôtels, les campings, les offres de séjours, les statistiques de fréquentation… D’ici à la fin de l’année, de nouvelles informations seront diffusées. Les jeux de données brutes sont gratuitement mis à disposition des particuliers et des entreprises et permettent de diffuser largement les informations touristiques bretonnes et ainsi renforcer l’attractivité du territoire. Les villes de Rennes et Brest proposent, elles aussi, des portails de libre accès à leurs données.

 

Lire l'article