| Le scandale de la désunification de la Bretagne |
|
|
|
Depuis des années, dans tous les sondages réalisés, environ 70 % de la population des cinq départements bretons demande que l'Etat cale enfin son découpage administratif sur la réalité géographique, culturelle, historique et vécue de la Bretagne. Parallèlement, différentes résolutions ont été émises à l'unanimité par les élus des cinq départements. Des solutions concrètes existent pour transformer 6 régions faibles de la France de l'Ouest en 4 régions fortes. L'affirmation de la Bretagne serait un levier pour créer des régions plus efficaces, équilibrées et à l'identité affirmée. A 71 %, les Normands souhaitent parallèlement constituer une région plus puissante et unie. Face à cette aspiration populaire, ces voeux et résolutions exprimés régulièrement et appuyés par différentes études démontrant le bénéfice économique de l'opération, il est assez consternant de constater l'inertie de l'Etat, qui maintient vaille que vaille son découpage archaïque et décidé de façon technocratique. Pire, des décisions récentes organisent la désunification de la Bretagne, à partir d'une série d'organismes ou de structures fonctionnant pour lors sur les cinq départements. La dernière en date, réalisée une nouvelle fois sans aucune concertation, envisage de casser l'unité judiciaire bretonne pour séparer les juridictions de Rennes et de Nantes. Cette décision importante est le symbole d'une démocratie bafouée par des choix technocratiques et parisiens. Il s'agit d'une véritable tentative de passage en force, et les Bretons en ont cette fois assez d'être méprisés, voire ridiculisés, dans ces aspirations démocratiques qu'ils expriment pacifiquement. L'attaque à la justice n'est pas neutre. Elle impose une réaction forte, de la part du monde juridique - ce qui est d'ores et déjà le cas -, mais qui peut être relayée par l'ensemble des Bretons. Alors que les institutions régionales accroissent leurs liens dans les domaines sportif, économique, culturel, il est en effet désastreux que l'on casse d'un côté ce que l'on tente de construire de l'autre. A l'heure où toutes les régions européennes se fortifient - et avec quels bénéfices ! - il est vraiment temps que Paris accepte le fait qu'un développement régional moderne aidera à la construction d'une France plus efficace, organisée enfin sur plusieurs points forts et non sur un seul.
|
|
| Dernière mise à jour : ( 18-03-2008 ) |
| < Précédent | Suivant > |
|---|