| Coût de l’essence et évolution démographique de la Bretagne |
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D’une part, elles ne se situent pas en Basse Bretagne et notamment dans le centre du pays, avec des situations difficiles par exemple dans le secteur de Gourin ou à l’ouest de Guingamp. Ce n’est pas que la situation économique ou démographique de la Basse Bretagne soit franchement "mauvaise". Mais la dynamique y est nettement moins forte qu’à l’est du pays, notamment dans un triangle dont les trois pointes sont Nantes, Rennes et Vannes. Sur ce secteur, la vitalité démographique est nettement plus périurbaine qu’urbaine. Les croissances de Nantes, Rennes et secondairement de Vannes suscitent une exclusion par le prix du foncier et un éloignement des plus pauvres en lointaine couronne. Par exemple, on constate que la périurbanisation rennaise atteint désormais le sud-ouest du pays de Dinan, avec de nombreux habitants réalisant 80 ou 90 kilomètres par jour pour travailler. Renchérissement énergétique aidant, on est donc, sous le couvert du modèle de la "ville compacte", en train d’exclure une masse considérable de citoyens d’un accès à leurs emplois, aux services, à la santé. Alors que des services jugés "non rentables" par les modèles dominants condamnent les petites structures (fermetures des collèges, des gendarmeries, des préfectures, des trésoreries, des tribunaux…) le renchérissement du prix du baril à la pompe provoque actuellement un appauvrissement inédit de populations qui travaillent dans le centre des villes et ne peuvent s’y loger pour des raisons foncières. Des élus prônent alors la "ville compacte" et multiplient les petits collectifs (R+4, R+5) pour créer un modèle de ville "durable". Or, les familles avec enfants souhaitent accéder à la propriété pour avoir davantage d’espace. De même, il n’existe pas pour l’instant dans le monde un seul exemple de concentration ayant freiné le déferlement périphérique. Vouloir accroître le poids des "métropoles" suscite mécaniquement un étalement périurbain de populations ne pouvant toutes vivre au même endroit. On se retrouve donc aujourd’hui en Bretagne dans une situation passionnante. D’un côté, la Basse Bretagne s’affaiblit et on détruit volontairement un tissu de villes petites et moyennes (fermeture des services publics) en accentuant les déplacements contraints vers les grandes villes et les métropoles saturées. De l’autre, on s’alarme de "l’exclusion par la mobilité" et des difficultés croissantes des populations pour s’alimenter et se déplacer… Et si on mettait un peu en relation les deux phénomènes ? Et si on tentait en Bretagne d’asseoir un autre projet d’aménagement des territoires valorisant la principale spécificité du pays qui réside dans la "tendance fondamentale à la dispersion de l’habitat" (C. Vallaux) et la propension des Bretons à habiter des villes grandes, moyennes et petites (Quintin, Paimpol, Châteaubriant, Tréguier, Douarnenez, Châteaulin, Vitré, Guingamp, Lannion, Pontivy, Redon etc.). Un plan d’action valorisant l’équité des services, la vitalité économique en s’appuyant sur les pays et les solidarités territoriales est proposé sur le sujet dans notre Newsletter de janvier. Bretons, réveillons-nous ! Toutes étiquettes politiques confondues, un esprit C.E.L.I.B (1) peut apparaître pour défendre collectivement cette spécificité majeure qui fait de la Bretagne un pays différent. Le renchérissement énergétique inédit qui commence est l’occasion de constater que la Bretagne n’est pas en retard (d’urbanisation, de concentration, de polarisation…) mais bel et bien en avance. A nous de peser pour une autre forme d’aménagement des territoires permettant de réduire les inégalités sociales et spatiales qui actuellement s’accentuent, de contrer un processus de paupérisation des plus fragiles qui s’annonce dramatique. |
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| Dernière mise à jour : ( 02-07-2008 ) |
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