| Bretagne, terre de festivals |
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par Jean Ollivro(*) Cinquante festivals de musique regroupant plus de 1500 artistes du monde entier, des centaines de fêtes et d'évènements rassemblant des milliers et parfois plusieurs dizaines de milliers de spectateurs... Le Tour de France, Brest 2008... Il existe en Bretagne une profusion et une variété incomparables de fêtes et manifestations: arts de la rue, festivals rock, patrimoines culturels, reconstitutions historiques, danses latino, festoù-noz, fêtes nautiques... La danse est Fisel à Rostrenen et le cinéma Libanais à Douarnenez. Passé le festival des musiques extrêmes de Clisson, il est possible de suivre le Tro Breizh, fêter les chants de marins, faire bénir à Port-Caro sa Harley Davidson, vivre le théâtre à Suscinio... Nulle part en France on ne voit un éventail aussi large et coloré... Pourquoi ? Si certains évoquent une météo capricieuse imposant au plan festif des étés très « chauds » pour attirer du monde, l'argument est insuffisant. Avant l'essor du tourisme au XX e siècle, l'on constate une présence accrue de pardons, de festoù-noz, de multiples rassemblements pour célébrer les moissons, les métiers, la danse, les jeux bretons ou les fleurs. S'il est dans l'ensemble travailleur, le Breton et les Celtes aiment tout simplement faire la fête, ce qui est attesté par de multiples écrits. De même la Bretagne est-elle la première en France pour le nombre des associations et la quantité des bénévoles. Pendant l'année, les gens se serrent les coudes pour faire parler d'eux, créer l'événement, avoir la fierté d'accueillir. Cette émulation favorise la nécessité de se démarquer et explique la pluralité des événements. En 1992, le nom des « Vieilles Charrues » est choisi par dérision alors que les « Vieux gréements » sont à la mode ! En fait, ces manifestations sont des cérémonies des temps modernes. De fait, ce n'est pas que du « business » et les festivaliers le sentent. Si dans des lieux égarés certains caprices de stars sont difficiles à satisfaire, les organisateurs mettent du coup un point d'honneur à proposer autre chose - l'image du pays est en jeu ! - A l'heure des grandes villes, cette approche décalée n'enlève rien au professionnalisme d'ensemble des organisations et suscite une forme d'admiration. « Vous faites comment pour accueillir 215 000 personnes en quatre jours sur le site de Kerampuilh ? ». C'est le temps des vacances. Le moment de prendre du temps pour réfléchir différemment, quitter le monde de la « performance » pour l'amitié. Et ce n'est pas un hasard si de multiples festivals profitent de cette fenêtre pour développer une forme militante et sont une caisse de résonance d'idées alternatives (vente de produits équitables, promotion des cultures dites « minoritaire » et notamment breton, rejet du racisme...). Quelque part, c'est donc bel et bien l'identité qui est en jeu et une volonté d'alternative. En Bretagne, plus qu'ailleurs, le fait de ne pas être totalement banalisé, d'avoir une culture et de la vivre debout explique peut-être ce besoin accru de s'ouvrir à celle des autres. Ces multiples festivals sont une vitrine pour la région et démontrent une nouvelle fois que « Bretagne est cultures ». (*) Université Européenne de Bretagne.
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| Dernière mise à jour : ( 05-10-2008 ) | |||||||
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