| La Bretagne doit être réellement représentée au Parlement européen |
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| Écrit par Christian Demeuré-Vallée, chargé de mission à Bretagne Prospective | |||||||
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Des circonscriptions électorales contraires à l’exercice d’une bonne démocratie Maintes fois critiquée, l’organisation du scrutin européen dans le cadre de grandes régions/circonscriptions purement technocratiques, sans cohérence territoriale aucune, offre en soi une première illustration du mépris dans lequel sont maintenus les débats européens et leurs traductions régionales. C’est l’essence même de la représentation démocratique qui se trouve affectée. En diluant l’élection dans une circonscription informe, on prive, de manière réciproque, les citoyens et les élus d’une réelle visibilité. La qualité même d’un débat démocratique - qui devrait, idéalement, être en phase avec des enjeux locaux et régionaux largement dépendant des politiques européennes - se trouve de fait amoindrie. Songeons par exemple à la PAC dont la réforme pèsera largement sur l’avenir de nos emplois agricoles et agroalimentaire. Ces élections interviennent au moment même où une étude tout juste réalisée par Eurobaromètre, pour le Comité des Régions de Bruxelles, vient éclairer l’impact de la dimension régionale dans le processus politique européen. D’après les résultats recueillis, les collectivités régionales et locales constituent non seulement le niveau de gouvernance le plus digne de confiance, mais sont également les mieux placées pour expliquer l'impact des politiques communautaires sur la vie quotidienne. Alors qu'un tiers seulement des citoyens européens sont enclins à accorder leur confiance à leur gouvernement national (34 %), 50% des européens déclarent faire confiance à leurs collectivités locales et régionales. Pour la France, ce chiffre monte même à 62 %. http://www.cor.europa.eu/pages/PressTemplate.aspx?view=detail&id=d7131fda-4230-47e4-94a4-b19603252e3b De plus, la France se place en tête des pays européens où les citoyens (31% des Français sondés) considèrent que les élus régionaux et locaux sont les mieux placés pour défendre au niveau européen leurs intérêts personnels (moyenne 21% pour l'EU 27) et pour expliquer l'impact des politiques européennes dans la vie quotidienne des gens (37% de Français pour une moyenne de 26% dans l'EU 27). Pour autant, ils sont 74% à estimer que ces autorités régionales et locales ne sont pas suffisamment prises en compte lors du processus de décision communautaire (59% en moyenne pour l'EU 27). La logique des partis devant la logique des régions Cette incohérence électorale se trouve cependant, à l’occasion, renforcée par la mécanique même des organisations politiques. Le cas du Parti socialiste – pour ne donner qu’un seul exemple, que l’on pourrait décliner pour d’autres formations… - est venu offrir une illustration édifiante. Le mode de désignation national des candidats, pratiqué par la plupart des partis politiques, induit, de façon quasi-congénitale, une logique centraliste. Les jeux d’appareil, d’équilibre entre les courants, les égos et les carrières font le reste. Le parachutage spectaculaire de Vincent Peillon, tête de liste en région « Sud Est », déchiré entre ses enjeux politiques et ses attaches tant électives qu’affectives avec sa région d’origine (la Somme…) en offre une version très médiatique. Elle aboutit aussi trop souvent à un décalage total entre l’intérêt pour l’élection et l’intérêt pour la fonction comme nous le rappelle opportunément le journal Libération : "Qui connaît Benoît Hamon, le porte-parole du PS, ou Vincent Peillon au Parlement européen ? Personne. Combien de rapports (un pour Hamon, deux pour Peillon), quel taux de présence dans les commissions parlementaires ? Ils étaient bien plus occupés à assurer leur avenir politique en France qu’à travailler à Bruxelles. L’Europe, pour eux, c’est surtout une planque confortable que l’on attend de quitter pour un mandat national". Au-delà des feux de la rampe, ce sont aussi des territoires et des régions – rappelons que l’exemple cité de la liste PS vaut aussi pour les autres grandes formations– qui vont se trouver exposées au risque d’une absence – ou d’une insuffisance- de représentation au Parlement européen. C’est très probablement ce qui a amené deux éminentes figures du parti socialiste en Bretagne, Bernard Poignant, député européen sortant, et Jean-Yves Le Drian, président de la Région, à prendre position contre la manière dont leur parti a pu élaborer ses listes, et contre la composition qui en résulte. Comme l’explique justement Bernard Poignant dans les colonnes du Télégramme (7 mars 2009) : « (…) quels seront les grands dossiers de la nouvelle mandature qui va s'ouvrir en juin? La renégociation de la politique agricole commune, la politique de la pêche, le programme-cadre recherche-développement et le redimensionnement des fonds structurels européens. Autant dire que la Bretagne sera particulièrement concernée et qu'elle aurait besoin d'élus qui se plongent résolument dans tous ces dossiers ». Sous ce regard, la démarche des élus socialistes bretons n’apparaît que plus justifiée et mérite d’être soulignée. A plus forte raison, face aux réactions de mépris que celle-ci a pu susciter jusqu’à présent de la part de la direction du Parti (qualifiée de « une réaction d’éléphants ! »). Quant aux électeurs bretons, ils devront tout simplement faire leur choix en fonction de la manière dont leurs intérêts économiques et sociaux semblent pris en compte par les partis en présence, mais aussi en fonction du traitement démocratique qui leur est réservé …
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| Dernière mise à jour : ( 04-09-2009 ) | |||||||
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