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Lorsque l’on évoque l’ouverture internationale de la Bretagne, on approche généralement celle-ci en termes de dynamisme économique. Il est vrai qu’en dépit des plans de développement annoncés par les majorités régionales successives, les chiffres ne semblent guère favorables. La région Bretagne ne réaliserait environ que 2% des exportations françaises (pour 5% du PIB). Elle apparaît régulièrement comme l’une des 2 ou 3 régions les moins attractives de l’hexagone pour attirer des capitaux et des entreprises étrangères. Les enjeux sont pourtant de taille pour les acteurs économiques bretons : réduire les risques des PME et élargir leurs perspectives de développement en accédant à de nouveaux marchés, diversifier l’économie de la région en attirant de nouvelles entreprises et, plus largement, renforcer la base productive en s’insérant activement dans une économie de plus en plus internationalisée.
 Il est pourtant une autre réalité, mal connue et peu valorisée, de l’ouverture internationale bretonne. Lorsque l’on étudie les initiatives de la société civile, la Bretagne apparaît dynamique voire bouillonnante. Selon divers travaux effectués par Bretagne Prospective au cours des dernières années, la Bretagne réunifiée est la première région française pour le nombre de jumelages, l’Académie de Rennes pointe en tête pour le nombre des échanges scolaires internationaux, la région est aussi celle qui compte le plus grand nombre d’associations de solidarité internationale, sans compter la multiplicité des échanges universitaires ou des coopérations décentralisées des collectivités locales. Plus loin de nous, la diaspora bretonne est aussi présente partout dans le monde, relativement organisée et désireuse de « promouvoir le Pays ». Pourtant, les sources d’informations sur ces multiples échanges sont à la fois nombreuses et extrêmement dispersées et totalement inexploitées. Alors que les acteurs de la société civile ignorent les réalités de l’activité des entreprises, les acteurs économiques méconnaissent la réalité et le dynamisme breton à l’international.
S’il est vrai que les logiques sociétales et économiques procèdent de besoins et d’approches différentes, il n’en reste pas moins qu’elles peuvent à moyen et long termes se renforcer mutuellement. L’existence d’un engouement international chez les Bretons est assurément un atout pour les entreprises qui souhaitent s’ouvrir et pour la promotion économique extérieure de la Bretagne. Tandis que la prise en compte des activités et du dynamisme international de la société civile est aussi une voie pour esquisser un positionnement international de la Bretagne plus conforme aux valeurs portées par cette dernière.
Comment dès lors passer d’un dynamisme des échanges, porté aujourd’hui par la société civile, à une véritable culture de l’international portée par l’ensemble des acteurs bretons et valorisant les initiatives susceptibles de contribuer au rayonnement des activités bretonnes ? Comment mieux comprendre la diversité, les évolutions et les besoins du monde qui nous entoure pour y apporter des réponses adaptées dans tous les domaines possibles ? Comment devenir un territoire à la fois voyageur et accueillant, capable de s’ouvrir aux autres et de s’adapter à un environnement mouvant?
Au-delà d’une meilleure valorisation de l’ensemble des initiatives, un ultime verrou semble devoir être levé. De nombreux Bretons, en particulier chez les responsables économiques, ont parfois du mal à percevoir la culture et l’identité bretonnes comme un gage d’ouverture et à vouloir les gommer dans leur communication. Pourtant, ces dernières apparaissent véritablement comme une manière d’exister et de donner une âme supplémentaire – du contenu, de l’originalité- à de nombreux échanges et, potentiellement, comme une façon différente de s’ouvrir aux autres. Il s’agit donc également d’apprendre aux Bretons dans leur ensemble à mieux connaître leur région, ses valeurs, ses réalisations, ses atouts et ses intérêts, etc. pour, qu’au bout du compte, ils en deviennent, aussi, les meilleurs ambassadeurs.
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