 Malgré la mobilité croissante des facteurs de production qui caractérise l’économie moderne, il est de plus en plus admis que la prospérité repose largement sur la force de « l’ancrage territorial ». C’est en effet ce dernier qui va conditionner des éléments aussi déterminants que l’esprit d’entreprise, la capacité d’organisation, la créativité, les échanges interpersonnels d’informations ou encore les transferts de savoir-faire liés aux compétences acquises, etc. On mesure ainsi l’importance de l’animation du territoire, de concert entre les acteurs privés et publics, et la nécessité de fédérer l’ensemble des forces du territoire autour d’une vision partagée de son développement. Dans un tel contexte, ce sont bien souvent les petits territoires européens (Etats ou régions) à forte identité culturelle qui tirent de leur cohésion les meilleures capacités de dynamisme et d’adaptation. Et l’échelon régional apparaît comme le niveau idéal pour définir les nécessaires régulations entre les besoins de l’économie locale et les évolutions de l’économie globale, gérer les risques et les opportunités, mettre en œuvre une véritable expertise stratégique et fédérer les acteurs.
Depuis quelques années, à la faveur de la décentralisation et de la régionalisation, de nombreuses structures et de nouveaux outils (agences de développement, pays, organismes d’accompagnement technique, contractualisation, etc.) se sont mis en place pour accompagner les entreprises et les territoires. Quel bilan peut-on tirer de ces initiatives et de la manière dont elles s’articulent? Comment envisager la gouvernance économique de la Bretagne? Nous abordons ces questions fondamentales autour de 4 interrogations :
1) La Bretagne a pu se distinguer à l’époque du CELIB par la capacité de ses acteurs, économiques, sociaux, politiques à unir leurs forces et leurs voix sur un certain nombre d’objectifs structurants pour la région. Dans un monde infiniment plus complexe que la période des Trente Glorieuses, la Bretagne dans la diversité de ses structures possède-t-elle toujours une un cohésion et une efficience d’action nécessaire à son développement ? 2) La concertation entre acteurs publics ou parapublics, monde de la formation et de la recherche et les entreprises est-elle aujourd’hui satisfaisante, efficace et porteuse de projets d’avenir? 3) Alors qu’elle semble relativement éloignée des centres de décisions économiques et politiques- par ailleurs de plus en plus diffus- la région dispose-t-elle d’une voie d’accès suffisante aux centres stratégiques et d’une compréhension suffisante des grandes évolutions économiques et politiques qui vont conditionner son avenir ? 4) Alors que la conversion écologique de notre économie s’annonce comme l’un des grands défis en cours, on a l’impression que la Bretagne, malgré un réel potentiel, peine à se positionner. Au-delà des initiatives ponctuelles, existe-t-il un « projet breton » ? Quelles niches investir, quelles synergies mettre en place entre les entreprises et l’ensemble des acteurs du développement -et comment !?- pour véritablement positionner la Bretagne dans l’économie verte ?
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