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 Creusée dans la roche pour ouvrir le chemin, la « route » (du latin « rupta » qui signifie « voie brisée ») n’a pas changé d’utilisation depuis le début de la Chine civilisée. Bien que son apparence et son confort aient évolué –de l’innovation romaine des pavés à celle du bitume utilisée partout dans le monde -, elle est encore aujourd’hui définie comme une « voie terrestre aménagée pour permettre la circulation des véhicules à roues", même s’il convient de noter que ce terme puisse également être mobilisé pour parler des routes maritimes. Le rôle des routes dans l’essor du commerce s’illustre dès l’ouverture de la « route de la soie » et le développement du réseau romain. La Bretagne dispose de 23 252 km de routes (départementales, nationales, autoroutes) soit environ 5.83 % des 398 791 km de routes françaises, pour 7% de la population métropolitaine. Financées par l’impôt, elles ne créent pas de revenus directs, notamment en l’absence d’ouvrages d’art à péages ou d’une gestion privée des autoroutes. Ne pourraient-elles donc pas servir à autre chose qu’au transport de passagers ou de marchandises ?
Des ingénieurs se penchent sur de nouvelles utilisations de la route et voilà ce qui en ressort aujourd’hui. Trois technologies sont en train de naître : - les routes solaires, à géothermie,
- les routes solaires créatrices d’énergie par accumulation de chaleur (thermique),
- les routes solaires photovoltaïques.
A ce jour, la France et la Bretagne sont complètement hors du jeu. Le principe des routes solaires à géothermie est relativement simple et pratiquement identique à la géothermie actuellement disponible. Adaptable à touts les climats, il permet de produire de la chaleur l’hiver et rafraichit l’été. La différence réside dans le système de circulation et de stockage de l’eau. Celle-ci est stockée dans deux réservoirs, l’un chaud, l’autre froid. Entre les deux, l’eau circule sous le bitume, dans les bureaux et les habitations proches de la route. Ce système de géothermie à grande échelle permet de mutualiser l’énergie et donc d’obtenir un gain d’efficacité. Son but n’est pas seulement de jouer le rôle de climatiseur, mais aussi d’éviter l’enneigement de la route et donc de rependre du sel, pratique polluante et coûteuse, sur celle-ci. Elle offre l’opportunité de rendre la géothermie disponible en ville. Le principal acteur dans le domaine de la route solaire à géothermie est la société Ooms Avenhorn allieé à WTH, toutes deux néerlandaises. Une variante est en cours de préparation apte à produire de l’énergie grâce à la chaleur accumulée par le liquide dans les tuyaux et in fine de l’électricité. La réussite de ce projet réside dans le liquide calorifique circulant sous la route, mais sa composition reste pour le moment confidentielle (et donc non évaluable d’un point de vue environnemental). Dans le domaine de la route à liquide calorifique, encore au stade expérimental, il n’y a pas d’acteur principal. Aujourd’hui, trois freins à sa mise en œuvre peuvent déjà être identifiés. Un frein économique, humain et politique. Le frein économique est évident : le coût de la route solaire à géothermie est de deux fois celui d’une route standard. De plus, il nécessite de réhabiliter complètement les routes pour sa mise en place. Le frein humain, lui, concerne la formation (des agents de la DRE entre autres) et les compétences qui n’existent pas dans l’hexagone, encore moins en Bretagne. Le frein politique est plus complexe. Dans les grandes agglomérations, ce type de projet ne devrait pas être difficile à mettre en place. La difficulté viendra plus des associations de copropriétaires, qui auront du mal à mettre la main à la poche pour mettre aux normes leurs systèmes de chauffage afin de se connecter à celui de la collectivité. Dans les petites et moyennes communes, le risque est autre. Il peut venir des habitants ne souhaitant pas voir leur taxe d’habitation augmenter (dans un premier temps), et n’ayant pas le souhait de se voir imposer des travaux situés sur des points stratégiques de la commune, handicapant temporairement les déplacements ou modifiant l’esthétisme de ceux-ci (le retour du syndrome Nimby). Pourtant les avantages sont réels. Il permet une diminution immédiate de la consommation d’énergie (la part la plus importante de la consommation reste le chauffage et la climatisation) et limite les dépenses des habitants à moyen terme. Le bénéfice environnemental ne se limite pas à la baisse de la consommation d’énergie, mais supprime le salage hivernal récurrent et donc de facto l’augmentation de la salinité des eaux. Ce type de projets peut être doublé de composantes sociales et environnementales non négligeables et qui peuvent le rendre plus séduisant pour les petites et moyennes agglomérations. Rénover les routes peut permettre, sans réel coût supplémentaire, d’aménager des passes pour animaux et insectes ou écoducs. Rappelons que la route tue aussi beaucoup d’espèces animales et déséquilibre les milieux. Pour le projet social, dans le cas où les mairies ne sous-traitent pas la gestion à une société privée, elle a le choix entre : - Proposer un service aux habitants de la commune, contre rémunération, qui permet l’entretien. Ainsi une marge pour le réinvestissement est possible. A moyen terme, une fois l’investissement remboursé, cela permet de faire baisser le prix de la taxe d’habitation.
- Créer une société mixte comprenant :
o l’entreprise gérant l’entretien, o la commune, o des parts ouvertes aux résidents de la commune. Ce qui permet, après avoir payé son chauffage, de recevoir en fin d’année des dividendes. Ce système responsabilise aussi le citoyen sur la gestion de l’énergie et de la commune. L’autre principale technologie des routes solaires est totalement différente. Elle transforme les routes en panneaux solaires. Son fonctionnement est aussi simple qu’un panneau photovoltaïque. Une couche transparente permet de conserver l’adhérence de celle-ci. Ce type d’ouvrage permet une création d’énergie continue pendant la journée, ainsi que l’information des usagers. En effet, celle-ci est couverte de LED pouvant permettre un affichage directement au sol. Du fait de l’importance du réseau routier, ce type d’innovation pourrait permettre d’éviter les champs de panneau solaire qui utilisent des terres arables pour la production d’énergie. L’autre avantage de cette technologie est la facilité d’assemblage. En effet, ces routes se posent et s’imbriquent entre elles. Le coût de la main d’œuvre est ainsi limité et compense quelque peu les coûts de production qui restent importants. Ces routes permettent aussi d’éviter le déneigement par salage, elles peuvent transformer l’énergie accumulée en chaleur et ainsi faire fondre la couche de neige ou les plaques de verglas. Toutes ces technologies sont aujourd’hui à notre disposition, nous avons les moyens de les mettre en place, soit en circuit court, soit pour alimenter le réseau de manière globale. Il ne manque que les investissements et la volonté politique. A l’heure où d’autres pays (USA, Pays-Bas) investissent sur ce type de projet, la France reste sur des méthodes plus traditionnelles et refusent de voir au-delà des préjugés. Ressources : http://www.energiegratuite.biz/2011/02/la-route-solairesolar-roadway/ http://www.lepost.fr/article/2010/09/23/2232627_solar-highways-une-route-solaire-intelligente-et-multifonctions.html http://www.lepost.fr/article/2010/09/23/2232627_solar-highways-une-route-solaire-intelligente-et-multifonctions.html http://www.energies-ecologiques.com/blog/2009/02/12/une-route-solaire/ http://www.intellego.fr/soutien-scolaire-Terminale-S/aide-scolaire-Physique/Sujet-n%C2%B0-23-La-route-solaire/27642 http://apelh.free.fr/route/dossier.pdf http://www.cryonie.com/la-route-solaire http://www.lemoniteur.fr/193-deplacements/article/a-suivre/685610-route-solaire-informer-en-temps-reel-eviter-l-enneigement-produire-de-l-energie
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