| Encore une usine à gaz |
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Dans tous les Etats européens, l’autonomie énergétique progresse car les pays ou régions ont compris que le renchérissement des prix invitait à se prendre en charge pour davantage de bénéfice. Ainsi, le Danemark produit désormais 40 % de son énergie électrique via les éoliennes, l’Allemagne dispose de 7 000 usines de méthanisation et l’Ecosse annonce qu’elle va créer 140 000 emplois pour développer les énergies du pays plutôt que de dilapider l’argent des consommateurs en important du gaz de Russie ou du pétrole en provenance du Moyen-Orient. En somme, tout le monde constate un coût énergétique grandissant. Le prix du brent à Londres était de 10 dollars en 1999 mais atteint 124 dollars aujourd’hui, avec une incidence directe et constatée par tous sur les prix du carburant ou du fuel. De fait, chacun souligne qu’il faut désormais compter sur ses propres forces, substituer pour plus de profits les énergies locales à celles qui sont importées, libérer l’énergie par les territoires en activant les ressources dont on dispose en propre (houle, solaire, vent, bois, méthane…). Tous ? Non. Un village gaulois résiste et voici que s’initie le projet de la centrale à gaz de Landivisiau, d’un coût minimal de 400 millions d’Euros. Malgré les contestations locales, les thuriféraires nationaux et régionaux du projet évoquent un projet « obligatoire » et même « écologique », la présence d’un équipement crucial puisque la Bretagne est « en bout de ligne » et doit se prémunir d’un possible « black out » et de coupures énergétiques. La Bretagne importe aujourd’hui 90,9 % de son énergie et il y a donc 90,9 % du marché à prendre. Dans une approche prospective, le processus pourrait créer une centaine de milliers d’emplois car ici la nature est particulièrement généreuse et offre tout pour réussir (vent, houle, bois, méthane…). Quand comprendra-t-on enfin que les solutions du développement « durable » ne viendront pas de Paris et des grands groupes mais d’une véritable stratégie régionale nourrie d’actions pragmatiques ? Bien loin d’être inféodé à des visions descendantes et centralistes qui veulent pour le coup nous imposer une réelle usine à gaz, l’avenir énergétique breton ne réside pas dans ces solutions d’un autre âge. Comme partout en Europe, il impose des solutions ascendantes, nouvelles et très pragmatiques valorisant l’immense potentiel offert par la région. Un autre monde est à inventer en valorisant ici les ressources disponibles. Par de actions très concrètes et créatrices d’emplois (écoénergie, filière industrielle pour produire des méthaniseurs labellisés…) la Bretagne doit devenir adulte pour produire ici ce que l’on nous impose. Une économie de substitution dise les uns ; plutôt une économie de la repossession, tout simplement basée sur le bon sens, l’écologie, l’avenir, avec en prime la création d’activités et d’emplois économiques tangibles. Jean Ollivro - Président de Bretagne Prospective Article paru dans Ouest France, le 20 mars 2012.
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| Dernière mise à jour : ( 21-03-2012 ) |
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